Bal des pendus
De Arthur Rimbaud
Lu par Harpo
Durée : 0 min
Genre : Poésie
Description
Le poème Bal des pendus d’Arthur Rimbaud figurant dans le recueil Cahier de Douai s’inspire de la Ballade des Pendus de François Villon, poète et bandit du XVème siècle qui dans sa ballade fait parler les pendus et en appelle à la pitié et à la charité chrétiennes, alors qu’il était lui-même condamné à être pendu. Puis, il prend également ses sources dans les pièces romantiques à caractère gothique qui regorgent de diableries et de fantômes. Rimbaud se décrit d’abord comme un spectateur, puis un participant à cette bacchanale démoniaque et finalement comme le diable lui-même. Il savoure avec enthousiaste, jouissance, le spectacle de cette danse des pendus squelettiques qui, au bout de leur gibet noir, se balancent sous le vent, s’entrechoquent, s’entremêlent, au rythme d’une musique infernale jouée au violon par le diable. Ici, les pendus sont réduits à l’esclavage par le Maitre portant les noms de Saladin et de Belzébuth. Rimbaud utilise tous les archétypes des fêtes sataniques du Moyen Age. Des teintes noires, rouges et violettes colorent ce tableau funeste et orgiaque. Des corbeaux coiffent les crânes de ces malheureux condamnés, dévorent les quelques morceaux de chair restant sur leur menton.. On entend hurler les loups. Nous sommes dans le sarcasme, la moquerie méchante, cruelle et grinçante de la Mort. Aucune morale, aucune empathie pour ces morts, pas de recueillement. Les trépassés ne doivent pas se tromper de lieu. Ce n’est pas un moustier ici ! Autrement dit, un lieu saint. Tout s’évanouit dans le refrain qui termine le poème comme si nous sortions d’un cauchemar ou de l’emprise de notre imagination.