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Description
Chers audiolecteurs voici le deuxième roman, publié en 1890, de Georges Darien, auteur engagé libertaire de la fin du XIXème siècle. Il s’agit d’un récit autobiographique, déguisé sous la forme d’une fiction, dans lequel l’auteur raconte ses trente-trois mois passés dans un des camps disciplinaires militaires d’Afrique du Nord . Ces camps spéciaux étaient surnommés « Biribi » et étaient réservés aux soldats réfractaires. Darien s’était engagé en 1881 dans l’Armée à l’âge de 19 ans. Après avoir été maintes fois puni, incarcéré pour insubordination, désobéissance à la discipline, il est envoyé en 1883 au camp disciplinaire de Gafsa en Tunisie.
D’une part, Darien ridiculise l’esprit de l’Armée de l’époque, « la Grande Muette » avec ses règlements rigides absurdes, son patriotisme forcené, sa volonté d’annihiler l’esprit et la conscience de ses soldats pour en faire de la chair à canon docile. D’’autre part, il dénonce, sans concession, avec son ton révolté, sa verve d’écorché vif et son humour sarcastique, l’infamie, la cruauté, la barbarie, les punitions humiliantes, les sévices corporels, les conditions de travail et d’emprisonnement indignes et intolérables régnant dans ces bagnes disciplinaires sous la férule des cruels « chaouchs », sous-officiers sadiques qui usaient des fers, du silo et de la crapaudine contre les éléments indisciplinés jusqu’à les tuer.
La« Grande Muette » n’a renoncé qu’assez récemment au dernier camp de Biribi qui n’a été fermé qu’en 1972 à Obock, sur le Territoire des Afars et des Issas, futur Djibouti, mettant définitivement fin à ses pratiques ignobles et dégradantes.
Lu par Harpo
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